Pathologie fréquente (4% de la population française) mais souvent silencieuse, un dépistage est systématiquement réalisé lors de la visite chez votre ophtalmologiste.
Sur le plan scientifique, le glaucome est une maladie chronique du nerf optique caractérisée par une altération progressive et irréversible des fibres nerveuses qui transmettent les informations visuelles de l’œil au cerveau. Cette atteinte est souvent liée à une pression intraoculaire trop élevée, mais le glaucome peut également survenir avec une pression normale.
Plus simplement, on peut dire que le glaucome touche le nerf optique, véritable câble qui relie l’œil au cerveau. Lorsque ce câble s’abîme, les informations visuelles ne sont plus transmises correctement.
Le glaucome affecte d’abord la vision périphérique, c’est-à-dire le champ visuel latéral, ce qui passe souvent inaperçu au début. Sans prise en charge, l’atteinte peut progressivement s’étendre jusqu’à toucher l’ensemble de la vision, pouvant mener à une baisse importante de la vue.
Dans la majorité des cas, le glaucome ne donne aucun symptôme au début. C’est une maladie silencieuse : la vision centrale reste intacte longtemps, ce qui fait que le patient ne remarque rien.
Le glaucome est le plus souvent découvert lors d’un examen ophtalmologique, soit parce que la pression intraoculaire est trop élevée, soit parce que le nerf optique montre déjà des signes d’atteinte.
Les symptômes n’apparaissent qu’à un stade plus avancé, lorsque la perte de fibres du nerf optique devient importante. Ils peuvent se manifester par une réduction du champ visuel, souvent décrite comme une vision « en tunnel ».
Cependant, ces symptômes ne sont pas réversibles, car les fibres endommagées ne peuvent pas être récupérées.
C’est pour cela que le glauque est souvent qualifié de maladie sournoise, et qu’un dépistage régulier est essentiel, surtout après 40 ans ou en cas d’antécédents familiaux.
Non. Le glaucome est une maladie chronique et, à ce jour, il n’existe pas de guérison.
Les traitements disponibles ne permettent pas de réparer le nerf optique lorsqu’il a été abîmé.
Le rôle du traitement est de stabiliser la pression intraoculaire afin de ralentir ou stopper l’évolution de la maladie. En maintenant une pression oculaire suffisamment basse, on protège le nerf optique contre une dégradation supplémentaire.
Comme on ne sait pas encore réparer le nerf optique, il n’est pas possible d’améliorer une vision déjà endommagée par le glaucome.
L’objectif du traitement est donc de préserver la vision restante, pour éviter toute perte visuelle future.
Il existe plusieurs types de traitements, choisis en fonction de la gravité du glaucome, du type de glaucome, et des caractéristiques de chaque patient.
Tous les traitements ont le même objectif : faire baisser la pression intraoculaire afin de freiner l’évolution de la maladie.
Ils ne peuvent pas améliorer la vision, car une fois que les fibres du nerf optique sont abîmées, elles ne peuvent pas être réparées.
C’est le traitement le plus fréquent.
Ils agissent soit en diminuant la production d’humeur aqueuse, soit en augmentant son écoulement, pour faire baisser la pression dans l’œil.
Ils doivent être pris régulièrement, tous les jours, à l’horaire prescrit.
Il existe deux principaux types de lasers utilisés dans le glaucome :
La chirurgie est généralement réservée aux formes plus sévères, lorsque les collyres et/ou les lasers ne suffisent pas.
Elle vise à créer un nouveau chemin d’écoulement pour diminuer durablement la pression intraoculaire.
Le glaucome peut toucher des personnes de tout âge mais il devient nettement plus fréquent après 40 ans. En France on estime qu’environ 800 000 personnes sont actuellement traitées pour un glaucome. Comme la maladie évolue longtemps sans symptômes il est possible qu’entre 400 000 et 500 000 personnes supplémentaires en soient atteintes sans le savoir. Au total on pense qu’environ un million de personnes pourraient être concernées dans le pays. Le risque augmente progressivement avec l’âge et devient particulièrement important après 70 ans.
L'oeil de l'expert
Chez l’adulte, on considère qu’une pression au-delà de 20mmHg (mm de mercure) est anormale. Cependant de nombreux facteurs font varier la tension intra oculaire : la pression peut varier dans la journée (elle est souvent plus élevée le matin), son chiffre doit être interprétée selon l’épaisseur de la cornée (pachymétrie)…
Attention la pression intra oculaire n’a rien à voir avec la tension artérielle.
Une tension intra oculaire élevée n’est pas synonyme de glaucome, qui reste une atteinte du nerf optique et du champ visuel. Ainsi si les examens du nerf optique sont rassurants, une surveillance simple de la tension, sans traitement, est souvent la règle.
Rarement, il peut exister des glaucomes à pression normale.
Vos médecins référents